samedi 22 décembre 2007

Design et packaging responsable / LE DEVOIR

Une directive européenne exige la réduction à la source du poids des emballages
Marie Lambert-Chan
Édition du samedi 22 et du dimanche 23 décembre 2007

Au Québec, « il y a des efforts modestes, mais tout reste à faire »

Presse-Citron a mis au point un «packaging brun» fait entièrement de carton ondulé pour l'entreprise à la fibre écologique Les Pagaies du Gourmet. Photo: Presse Citron
L'emballage est l'une des plus grandes sources de pollution... et de frustration pour les milliers de consommateurs qui se blessent chaque année en tentant d'en venir à bout. Il est impossible d'éradiquer l'emballage, mais on peut cependant sensibiliser ses créateurs et ses producteurs. Voici venu le temps du «packaging» responsable.

Parfois attrayant et désirable, souvent banal et fonctionnel, l'emballage passe désormais quasi inaperçu tant il est ancré dans notre quotidien. Pas étonnant alors que les Québécois jettent sans souci 600 000 tonnes de déchets d'emballage chaque année, dont la moitié seulement est recyclée.

Il faut dire que l'emballage est pratiquement une excroissance de la nature humaine, comme l'a observé l'anthropologue Bernard Arcand lors de la conférence d'ouverture du colloque sur «le design et le packaging responsable», qui se tenait à Saint-Étienne les 3 et 4 décembre derniers. «La formulation que l'on trouve dans les premières pages du texte sacré est frappante et parfaitement limpide: "Leurs yeux s'ouvrirent et ils connurent qu'ils étaient nus." [...] Si l'on accorde confiance au texte de la Genèse, ce serait là le tout premier cas d'emballage de notre histoire. Adam et Ève, prenant conscience de leur nudité, se fabriquent des ceintures et protègent leur intimité.»

L'emballage incarne ainsi la nécessité de protéger, de sécuriser et d'aseptiser. Logique marchande oblige, c'est aussi une identité et un objet de séduction. À l'ère du suremballage, cette habitude se révèle cependant de plus en plus absurde. À preuve cette anecdote rapportée par M. Arcand: «Un nouvel outil est récemment apparu sur le marché américain: un ciseau rigide en forme de V stylisé et fort élégant dont la seule fonction consiste à couper dans les emballages de plastique thermoformé. Un outil baptisé à juste titre Safe-Cut. [...] Le seul problème, c'est que le ciseau Safe-Cut est vendu dans un emballage thermoformé particulièrement rigide et donc quasi impossible à ouvrir!»

Devant un tel fléau, designers, ingénieurs, scientifiques et consultants en marketing se sont mis à réfléchir à l'emballage responsable qui, selon les organisateurs du colloque, devrait «allier des qualités fonctionnelles et esthétiques et faire appel à des matières peu ou pas polluantes, adaptées aux disponibilités et aux conditions locales, le tout à un coût relativement bas».

Un défi de taille quand on sait que le marché annuel mondial de l'emballage s'élève à quelque 400 milliards de dollars, que nombre d'industriels hésitent encore à investir dans l'éco-emballage et que la tendance au suremballage est généralisée.

La tortue...
Le Québec fait pauvre figure dans le domaine de l'emballage responsable si on le compare à la France. «Il y a des efforts modestes, mais tout reste à faire», estime Sylvain Allard. Le professeur à l'École de design de l'Université du Québec à Montréal demeure toutefois optimiste et considère chaque initiative comme un pas dans la bonne direction. «La loi 102, par exemple, réussit à mettre une certaine pression sur les entreprises», affirme-t-il. Le gouvernement du Québec a voté en 2005 un règlement qui institue un régime de compensation au bénéfice des municipalités qui oblige les entreprises à payer 50% des coûts nets du recyclage.

De rares organisations canadiennes, comme Cascades, ont adopté le discours vert. «Oui, il est difficile et onéreux de faire des produits entièrement recyclés, mais à long terme, nous avons prouvé que l'emballage responsable est économiquement rentable», déclare Roger Gaudreault, directeur général du département de la recherche et du développement de l'entreprise à qui la compagnie a accordé un budget de 47,2 millions de dollars en 2006.

Une poignée de designers tentent aussi de mettre la main à la pâte, mais leur pouvoir d'influence dans la conception et la production de l'emballage demeure faible, à leur grand désarroi. «Si le client n'est pas prêt à payer, je n'arrive à rien, même avec la meilleure volonté du monde», déclare avec lucidité Jocelyn Laplante, designer associé à l'atelier du Presse-Citron, qui a mis au point un «packaging brun» fait entièrement de carton ondulé pour l'entreprise à la fibre écologique Les Pagaies du Gourmet.

«Beaucoup de designers ne se préoccupent pas assez de l'emballage responsable, croit Luce Beaulieu. Pourtant, on a une certaine latitude: on peut et on doit interpeller le client à propos de l'impact du matériel utilisé. On doit s'informer de ce qui se fait sur le marché. C'est notre devoir.» Cette écodesigner est à l'origine du projet Détournement qui réunit 14 designers ayant pour tâche de transformer une demi-tonne non compressée d'emballages -- issus de la consommation annuelle de Luce Beaulieu -- en objets ou projets d'écodesign.

«Même si nous sommes une petite pierre dans un grand mur, nous nous devons de reconnecter avec notre côté citoyen», lance Sylvain Allard qui sensibilise ses étudiants au packaging responsable depuis quelques années.

... et le lièvre
Mais tout cela demeure trop peu en regard de ce qui se fait depuis bien longtemps de l'autre côté de l'Atlantique. Votée en 1994, une directive européenne exige la réduction à la source du poids des emballages. Au cours des dix dernières années, les emballages de toutes sortes ont été ainsi allégés d'environ 81 000 tonnes au total. Tout packaging est désormais réalisé en fonction de son cycle de vie, c'est-à-dire de la pollution qui sera émise lors de sa production, de son transport, de sa vente, de son recyclage et de sa récupération.

Et comme l'emballage responsable doit être non seulement écologique, mais aussi fonctionnel, les compagnies françaises Auchan et Yves Rocher ont développé des emballages accessibles aux handicapés visuels. Aux États-Unis, Maxwell a conçu des pots à «ouverture facile», en collaboration avec la Arthritis Foundation.

La culture de l'emballage
Mince consolation pour le Québec, la lutte pour un emballage responsable ne fait que commencer. «On est condamné à produire de plus en plus d'emballages, constate le réputé designer français Gérard Caron. Le packaging s'adapte au mode de vie des consommateurs. Or la tendance est à l'individualisme: les gens vivent seuls et les familles sont éclatées. C'est pourquoi les emballages individuels explosent.»

M. Caron voit mal comment on peut changer de telles habitudes, «à moins d'un cataclysme écologique, ce qu'on ne souhaite pas».

Égocentrique et angoissé, l'humain nourrit la culture de l'emballage qui «est une protection contre l'ennui», note Bernard Arcand. «Le produit se retrouve à des centaines d'exemplaires sur les étagères, mais rendu à la maison, il n'y a plus que l'emballage et moi. Contre tout espoir, je souhaite encore une surprise. Comme au jour de mon anniversaire. [...] Triste est le monde quand la vie n'est plus un cadeau. L'emballage demeure un instrument de séduction et nous n'avons jamais cessé, depuis Adam et Ève, de souhaiter la séduction à chaque coin de rue. Quand la pilule est amère, il suffit de l'enrober.»

Voilà pourquoi le salut ne peut venir que des consommateurs. «Ça fait déjà 20 ans qu'on leur parle de pollution. Ils commencent aujourd'hui à vouloir payer un petit peu plus pour le développement durable. Cela prend du temps. Mais une fois que le rouleau compresseur du consommateur se met en route, on ne peut plus l'arrêter», rappelle Gérard Caron.

vendredi 21 décembre 2007

PHILIPPE STARCK / Why design?


Je vous propose d'écouter cette conférence de Philippe Stark sur le design. Dans un ton humoristique et sans prétention, il jette un regard critique sur notre profession et relativise l'importance du design dans un monde en chute libre vers la barbarie.

jeudi 20 décembre 2007

Le potentiel de l'emballage |MacDonald's


Ces australiens ont bien compris le pouvoir qu'exerce l'emballage sur la perception du produit. Ici, l'emballage sert non seulement de contenant et de support à la marque, mais devient un puissant outil de communication. Qui n'a pas distraitement lu le dos d'une boîte de créréales le matin sans trop s'attarder au contenu alors que l'esprit est à son état de repos optimal. Ça peut faire réfléchir...

mardi 18 décembre 2007

Symbole recyclé made in Taiwan




C'est plutôt intéressant cette forme négative qui contribue à illustrer l'idée du recyclage. Qu'en pensez-vous?

mardi 11 décembre 2007

Art Lumineux à Lyon


Voici un œuvre lumineuse faite de contenants de plastiques avec un système de contrôle électronique très ingénieux. J'ai pu apprécier ce travail à Lyon lors de mon passage au début de décembre. Par sa nature et par la techniques, c'est une œuvre qui combine bien mes deux champs d'intérêt (packaging et Web).

vendredi 30 novembre 2007

DESIGN ET PACKAGING RESPONSABLE


XXes Entretiens Jacques Cartier
3 et 4 décembre 2007
à Saint-Étienne
Colloque organisé par la Cité du Design de Saint-Étienne et le Centre de Design de l’Université du Québec à Montréal
Thème : L’enjeu économique du packaging est de taille car il s’agit d’un marché annuel mondial de quelque 400 milliards de dollars. Les questions sociales, culturelles, écologiques et esthétiques sont nombreuses. Alors que les problèmes en gestion des déchets et de pollution de l’environnement par les résidus d’emballage se multiplient, le « sur-packaging » fleurit. Mais la question de l’emballage n’en reste pas moins indispensable. Sa vocation première n’est-elle pas de conditionner et de protéger nombre de produits de consommation courante, dont une bonne part est périssable? Alors que les incidents de manipulation touchent des milliers d’enfants et que la population âgée croît, que peut-on faire pour adapter les packagings qui leur sont destinés ?
Produit le plus souvent de grande série, le packaging se situe à la croisée du design industriel et du design graphique. Ainsi le packaging responsable devrait allier des qualités fonctionnelles et esthétiques. Il devrait faire appel à des matières peu ou non polluantes, adaptées aux disponibilités et aux conditions locales, le tout à un coût relativement bas.

Organisation : Elsa Francès, Directrice de la Cité du Design, Marc H. Choko , Directeur du Centre de design de l’ UQAM.

Comité scientifique : Nathalie Arnould, chef de projet développement durable, Cité du Design - Josyane Franc, responsable relations internationales, Cité du Design - Marc Partouche, directeur scientifique, Cité du Design - Sylvain Allard, professeur, École de design de l’UQAM - Marc H. Choko, professeur titulaire et directeur, Centre de design de l’ UQAM - Simon Lafrance, conseiller en environnement, Communauté métropolitaine de Montréal.

Téléchargez le programme et le bulletin d'inscription.

jeudi 22 novembre 2007

Impôt vert pour les emballages / Alexis Beauchamp

Les Affaires / 28 juillet 2007
Les entreprises et organisations qui mettent sur le marché québécois des contenants, des emballages et des imprimés sont depuis peu dans l'obligation de contribuer au régime de compensation pour la collecte sélective.

Cet impôt vert a toutefois été " oublié " par plusieurs PME, qui croient toujours que leur participation au régime de compensation pour la collecte sélective est optionnelle.

«Certaines entreprises nous indiquent avoir épuisé leur programme de dons et commandites. D'autres affirment que ce sera pour une autre fois, qu'elles adhéreront au programme plus tard. Ce qu'elles doivent comprendre, c'est que la participation au régime de contribution n'est pas un choix, mais une obligation légale», précise Maryse Vermette, vice-présidente de l'organisme Éco Entreprises Québec.

Cet organisme privé sans but lucratif, qui regroupe les entreprises et organisations visées par la loi 102, est chargé de gérer ce nouveau système de compensation.

L'objectif de ce régime de compensation est de développer une responsabilité partagée des coûts de la collecte sélective. En gros, ces coûts sont divisés à part égale, la moitié étant déboursée par les municipalités et l'autre par les " générateurs ".

Les entreprises visées par ce régime font partie d'un ensemble allant des chaînes de restauration rapide aux producteurs alimentaires, en passant par les marchés d'alimentation.

Un détaillant d'alimentation devra ainsi, entre autres, payer pour les produits maison sur lequel il appose sa marque, les sacs de plastique remis aux clients, et les contenants et emballages des produits importés, précise Mme Vermette.

La redevance est déterminée en fonction du poids. Une tonne de verre clair coûte 25,57 $ en redevance. La valeur de la redevance pour chaque type de matériau varie notamment en fonction du taux de récupération de celui-ci et de son coût de traitement.

Les grandes entreprises répondent à l'appel

Mme Vermette indique que les entreprises responsables d'environ 90 % du tonnage des matières visées par la compensation ont fait leurs devoirs : " Les grandes entreprises ont répondu à l'appel et ont rempli leurs obligations légales. Il reste toutefois plusieurs centaines de PME qui n'ont pas déclaré les matières dont elles sont responsables ", dit-elle, ravie malgré tout du succès remporté par la première année du programme.

«Les 10 % qui restent sont les plus difficiles à aller chercher», explique-t-elle. Selon elle, ce sont surtout les matières imprimées qui sont problématiques, notamment parce que la quantité d'organisations et d'entreprises qui mettent des produits imprimés sur le marché est très importante.

À noter, les médias ne sont pas soumis à cette redevance puisqu'ils font partie d'un autre système de compensation.

Les entreprises qui n'ont pas payé cet impôt en date du 13 juillet voient s'aplliquer un taux d'intérêt annualisé de 8 %.

À partir du 10 octobre, une pénalité additionnelle de 10 % sera imposée.

Tôt ou tard, les entreprises devront débourser rétroactivement les sommes prévues pour les matières mises sur le marché depuis le 1er mars 2005, prévient Mme Vermette.

dimanche 18 novembre 2007

How lucky do you feel?


Voici un vidéo qui démontre de façon assez convaincante l'urgence de prendre des actions immédiates pour sauver la planète.

mercredi 7 novembre 2007

La vie en vert | Télé-Québec | 7 novembre 2007 19h


Le reportage, auquel nous avons participé quelques étudiants (tes) et moi, a été diffusé sur les ondes le Télé-Québec ce mercredi 7 novembre à 19h.
L’émission se nomme La vie en vert et se penche sur les gestes positifs qui peuvent être fait pour améliorer nos comportements citoyens face à l'environnement. Le tournage s'était très bien déroulé et le résultat très satisfaisant. Bien que très condensé, il jette un regard positif et engagé face à la problématique. Il faudrait sûrement penser à faire une émission consacrée exclusivement à ce sujet cependant. Je salue le travail de Ariane Paré-Le Gal et son équipe. Qu'en avez-vous pensé?

lundi 29 octobre 2007

Pentawards / les résultats 2007


Pentawards dévoile les gagnants. Il y a des trucs sympathiques, d'autres assez déjà vu. Le tout est, on ne peut plus prévisible. J'aime assez ces bouteilles typographiques par contre. Comme me le soulignait Luce, c'est assez étonnant en 2007 de ne pas y trouver de catégorie éco-emballage. Il faut croire qu'on ne crie pas encore assez fort.

jeudi 25 octobre 2007

Vaisselle Compostable / Nova Envirocom


Cette vaisselle est fabriquée par l'entreprise sherbrookoise Nova Envirocom, première société québécoise à avoir lancé la vaisselle et les ustensiles de plastique compostables, il y a deux ans...
suite de l'article dans La Presse du 15 août 2007

dimanche 21 octobre 2007

Défi sans emballage


Avec 36 individus et groupes inscrits, pour un total de 53 participants à ce jour, ils ont déjà atteint, en trois jours la barrière des 1000 emballages économisés, cela sans compter tous les gens qui font un effort particulier cette semaine sans s'être officiellement inscrits! le site

Propre propre propre

Si vous êtes préoccupés par l'environnement, sachez que plus de 20 ingrédients toxiques composent la plupart des produits nettoyants courants. On parle de chlorine, d'ammoniac, de butoxyethanol et de produits dérivés du pétrole. Ces substances demeurent dans l'environnement très longtemps après avoir été utilisés. Pourquoi ne pas opter pour des produits verts qui ont la même fonction. Voici une liste de produits et de liens. Merci Angela pour la référence. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

vendredi 19 octobre 2007

Waldopancake



Emballages amusants conçus par waldopancake, que j'ai trouvé grâce à Luce.

The blog action day sur le net


Je viens d’être taggé par Luce Beaulieu pour participer au Blog Action Day qui propose de faire une liste des actions que je réalise en faveur de l’environnement. Bon alors je me prête au jeu.
1. Je fais du compostage depuis plus de 15 ans. Je ne souviens pas d’avoir jeter des restes végétaux à la poubelle sauf peut-être quand il fait –30 à l’extérieur.
2. J’utilise des sacs en coton pour faire mes emplettes
3.
Je recycle tout bien sûr.
4. J’ai vendu ma trop grosse voiture. J’utilise la petite Toyota Écho de ma copine lorsque nécessaire.
5. J’ai un blogue qui valorise l’esprit responsable dans le design d’emballage.
6. J’achète mes produits alimentaires au marché sans emballages dès que possible.
7. J’enseigne un cours d’emballage principalement axé sur le design responsable et l’éco-emballage.
8. Je participe à plusieurs émissions de télévision sur le sujet de l’emballage :
Planète Prise 2 / RDI, La vie en vert / Télé-Québec, Vert Tendre / Vox.
9. Je participe aux Entretiens Jacques-Cartier en tant que conférencier sur le packaging responsable.
10. Je lave ma salle de bain avec du vinaigre.
11. J’évite l’achat de café dans les verres jetables.
12. Je fais 1500 à 3000 km de vélo par année et je fais du ski de fond (propres propres comme sports)
13. Je ne fume pas (l’environnement ça commence par moi et en plus, tous ces mégots toxiques...)
15. J’ai éliminé toutes mes notes de cours que je rends disponibles sur le Web.
16. Je travaille sur un projet de sensibilisation de la communauté UQAM avec ma collègue Lyne Lefebvre.
17. Je choisis de vivre en ville pour limiter mes déplacements.
18. J’espère que j’en oublie. Ah oui… j’essaie de convaincre sans juger.

jeudi 18 octobre 2007

«Y A TU D'LA BIÈRE...»



Je vous invite à visiter la mini exposition des travaux d'emballage des étudiants de design de l'environnement. Le projet consistait à créer un emballage pour 6 bouteilles de bière. Une contrainte majeure, la poignée devait pouvoir résister à une chute de 24 cm. C'est une approche très intéressante et très contrastée par rapport à nos éco-préoccupations. J'aimerais avoir vos commentaires.

Un symbole pour le Brail


Saviez-vous qu'il existe depuis déjà deux ans, un symbole à l’intention des personnes qui accompagnent les gens aveugles dans leurs achats. Il les aidera à repérer, dans la succursale, les produits dont l’emballage de carton comporte la transcription brail en français.

lundi 15 octobre 2007

Œuvre environnementale





Bravo à notre ex-étudiant Phil Allard (aucun lien de parenté avec moi) qui a conçu cette éloquente installation au Centre Eaton. Au cœur même de la surconsommation et dans un des plus grands centres de la restauration rapide à Montréal, l'artiste a mis à contribution tous les consommateurs pour récupérer leurs bouteilles d'eau dont 90% ne sont pas recyclées au Québec et bêtement envoyé dans des sites d'enfouissement. Y'a de quoi faire réfléchir. Je me suis empressé d'aller observer l'œuvre à l'heure du lunch et ça semble avoir un impact sur les visiteurs du centre d'achat. Allez voir vite car ce sera bientôt remplacé par les décorations de Noël. Voici un lien sur Global News (allez dans les nouvelles de mercredi)
Vous pouvez télécharger un petit clip que je viens de mettre en ligne.

samedi 13 octobre 2007

Les bas de nylon | LOU

Concept 1 | Marie-Michelle Morneau
Ce concept est le résultat d'une réflexion sur la quantité d'éléments d'emballage observé dans le commerce et une réponse visant à diminuer la quantité de matière utilisée tout en proposant une nouvelle approche innovatrice et esthétique pour l'emballage des bas.

Cette approche propose d'abord l'impression d'une pellicule plastique avec un texte à définir. Cette pellicule sera utilisée pour tous les modèles de bas. Il y aura un minimum de perte de matière puisque toutes les sections de la pellicule pourront être utilisées. Il s'agit dont d'une optimisation de la matière et du processus d'emballage.



Le bas sera inséré dans le plastique avec un carton-support permettant à l'emballage d'avoir une certaine forme. Ce carton pourra servir de carte promotionnelle pour la cause du cancer ou simplement de carte promotionnelle ou informative.

L'emballage sera fermé grâce à une couture élégante et dont la couleur pourra varier ou changer selon le modèle ou la couleur des bas. Au passage, la couture attachera une ou deux petites étiquettes pour l'identification du modèle et de la marque.



Concept 2 | Audrey Lapierre
Ce concept pourrait être une variante du premier concept, mais pourtant il est issu d'une réflexion différente. Le problème identifié est la complexité des emballages standard de bas et leur inutilité après l'achat. Ici, l'emballage inspiré du sac Zip-Lock permet d'accompagner le bas tout au long de sa vie utile. En effet il devient un rangement efficace et permet une ouverture et une fermeture à volonté pour la femme en transit. Le graphisme est imprimé directement sur le sac et seule une étiquette détermine la grandeur. Cela permet l'utilisation du même sac pour tous les modèles.

Un œillet de métal permet l'accrochage efficace des bas. Le graphisme reste à travailler.


Concept 3 | Camille Blais
Ici le concept est clairement orienté vers la deuxième vie de l'emballage avec cette enveloppe qui se contracte et devient un prisme triangulaire. Ce volume ainsi formé permet le rangement des bas dans le tiroir.La forme circulaire de la fenêtre permet de présenter le bas et de résister à sa deuxième vie de rangement.L'emballage est fait de papier kraft non blanchit et recyclé. Les encres sont végétales et donc non toxiques. Le graphisme sera à évaluer et pourra permettre une intégration de la cause humanitaire.

Un quatrième concept a été exploré, mais n'a pas encore abouti à une solution satisfaisante.

mercredi 10 octobre 2007

Interview de Bernard Herodin


Bernard Herodin est le directeur actuel de Éco-emballage France.

Mode et emballage


Carolina Reis, étudiante à l'École de mode de l'UQAM, m'a fait connaître le travail de Jum Nakao. Le corps n'est-il pas après tout un objet à emballer?
«Les robes en papier étaient très portées au Japon au temps de Kamakura (1192-1333) et les élégantes de l'époque Edo (1603-1867) s'en faisaient confectionner à grand frais...
Rei Kawakubo/Comme des Garçons a fait des collections à partir de ce principe.

CONCOURS D'EMBALLAGE DE SMARTIES

Je vous invite à visiter le site smarties.ca et à soumettre votre design de boîte de Smarties jusqu'au 12 décembre 2007.

lundi 1 octobre 2007

Sexy packaging / take position


Nouveaux emballages pour condoms
Trouvaille de Mathieu

La vie en vert sur l'éco-emballage / diffusion 7 novembre

L'émission tournée en septembre avec quelques un de mes étudiants(tes) sera diffusée en principe le mercredi 7 novembre. Ce n'est pas encore confirmé, mais surveillez le site de l'émission.

mardi 25 septembre 2007

Le test du compostage


Je viens de déposer un BioBag rempli de matières organiques végétales dans mon récipient à compostage. Je vous reviens là-dessus dans un an.

lundi 17 septembre 2007

L'affaire est-elle vraiment dans le (grand) sac?


Marc Tison / La Presse
Un nouveau produit (américain) est apparu sur l'étagère du supermarché, tout à côté des contenants de plastique. Ziploc propose un grand sac de rangement transparent, fermé par cette glissière de...(suite)

dimanche 16 septembre 2007

Loi québécoise en matière de gestion des emballages

Le Québec a maintenant une loi qui obligera les entreprises à être plus sensibles à l'emballage qu'elles mettent sur le marché.

Régime de compensation, loi 102
En novembre 2004, le gouvernement du Québec a adopté, conformément à la Loi 102, un règlement instituant un nouveau régime de compensation pour le bénéfice des municipalités. L'élément déclencheur du régime de compensation est l'entrée en vigueur du règlement, le 1er mars 2005. Depuis cette date, les entreprises visées par le règlement sont responsables du financement de 50% des coûts nets des programmes municipaux de collecte sélective mettant ainsi en application le principe de responsabilité élargie des producteurs.

Éco Entreprises Québec (ÉEQ), organisme privé sans but lucratif, a été mis en place en 2003, suite à l'adoption de la Loi 102, pour représenter les entreprises visées mettant sur le marché québécois des "contenants et emballages" et des "imprimés". Les entreprises sont tenues conformément à la loi 102 de déclarer la quantité d'emballage par catégorie (carton, plastique etc.) qu'elles génèrent, qu'il s'agisse de matières recyclables ou non.

Le tarif des matières a été voté le 28 février 2007 et est en vigueur depuis le 15 mars 2007. Les contributions sont rétroactives (depuis le déclenchement du régime le 1er mars 2005). Depuis cette date, les entreprises québécoises doivent au régime 58,8 millions :

-Éléments recyclés au Qc : 60% contenants, 20%imprimés, 20% médias écrits. Le régime ne s'occupe que des contenants et des imprimés (80% de ce qui est recyclé)

-2005 : coût du recyclage au Québec évalué à 60,8 millions; contributions obligatoires des entreprises : 24,3 millions

-2006 : coût du recyclage au Québec évalué à 74,2 millions; contributions obligatoires des entreprises : 29,6 millions

24,3+29,6+coûts admin +1.2 million recherche=58,8 millions


L'argent des contributions sera remis aux municipalités qui l'utiliseront dans leur plan de gestion des matières résiduelles

10% des entreprises contribuent pour 80% du programme

Pour les PME : 10 tonnes d'emballages et moins : prix fixé à 280$

Comme le tarif est fixé au poids, certaines entreprises risquent de modifier leurs emballages pour en avoir de plus légers (potentiellement plus polluants). Éco-entreprises souhaite éventuellement imposer une seconde taxe sur les emballages polluants. « Nous sommes en pourparlers pour taxer non-seulement en fonction du poids des emballages, mais en fonction de leur poids environnemental (recyclabilité, cycle de vie etc.). », affirme Mario Laquerre. « Lorsqu'une loi similaire a été votée en Allemagne, le gouvernement a enregistré une diminution des déchets d'emballages de 10% la première année. Nous sommes confiants que la loi 102 aura un impact important sur la réduction des déchets d'emballage. »

(Ariane Paré-Le Gal, La vie en vert)

mercredi 12 septembre 2007

Approche holistique de la problématique environnementale


«Il est reconnu qu’une proportion significative (allant de 70 à 90%) de l’empreinte écologique de n’importe quel produit peut être abordée à l’étape du design.»

lundi 27 août 2007

Écodesign

Ecodesign, Ecolabels and the Environment:
How Europe is redesigning our footprint on earth

By Niti Bhan
Excellent article sur l'Écodesign. Aussi disponible
en français: traduit par David L'Hôte.

mercredi 15 août 2007

jeudi 31 mai 2007

Prix d'excellence en enseignement

Je viens d'apprendre que je vais recevoir le Prix d'Excellence en Enseignement donné par la Faculté des Arts de l'UQAM. Ce prix considérait plusieurs critères dont; une description détaillée de mon approche d'enseignement, la créativité dans mes moyens didactiques, l'engagement envers mes étudiants, le rayonnement de mes étudiants, mes plans de cours, mes évaluations d'enseignement et trois lettres de recommandations.

Merci pour vos bonnes évaluations
Sylvain

lundi 28 mai 2007

Pentawards


Pentawards est la première et seule compétition mondiale dédiée exclusivement au packaging design sous toutes ses formes. Ouverte à tous ceux et celles qui dans tous les pays du monde sont associés à la création ou la mise sur le marché d’un emballage. Les gagnants recevront des bronze, silver, gold, platinum et diamond Pentawards en fonction de la qualité créative de leur travail.

dimanche 27 mai 2007

Catalogue Mlady Obal / Young Package 2007


Télécharger le catalogue.

2 prix au Young Package 2007

SECONDARY SCHOOLS
1st place - Marta Palasová/ Czech Republic
2nd place - Viktória Fedorkovičová/ Slovakia
3rd place and Special award of the Journal Packaging- Jakub Pospíšil/ Czech Republic

INSTITUTIONS OF HIGHER LEARNING
1 st place- Noémie Cotton/ Canada
2nd place- Jan Škola/ Czech Republic
3rd place- Eva Benková/ Slovakia


YOUNG DESIGNERS UP TO THE AGE OF 30
1 st place- Zu-Fan LIN,Yu CHIA CHANG,Yu-Cheng LIN/ Taiwan
2 nd place- Petr Junek/ Czech Republic
3rd place- Natalia Frankowska/ Poland


UVU CR Special prize
Tereza Martincová/ Czech Republic

SPECIAL AWARD OF THE JURY CHAIRMAN
Set of entriens by students from Université du Québec á Montréal, Canada

PRESS INFORMATION


Assessing the first instalment of a competition for young designers twelve years ago, the jury then characterized it as exceptionally successful. The reason was that the competition attracted 65 designers who submitted an unbelievable total of 75 entries. The jury also considered it a success that the Young Package Competition involved designers from two countries, i.e. the Czech Republic and the Slovak Republic
When at the very beginning the competition organizers met with the representatives of the DESIGN CENTRE OF THE CZECH REPUBLIC and the MODEL OBALY Company, which since then has been the general sponsor of the Young Package competition, they set themselves one objective, namely to provide support to young designers in their professional career. To hold a competition seemed the best way to achieve that. At the same time, however, they all realized that the competition quality would only grow with a more broad-based participation of designers from more countries. Their wish came true in 2001, when the International Council of Graphic Design Associations (ICOGRADA) endorsed the Young Package Competition.
In the year 2000, i.e. a year before ICOGRADA became a partner of the Competition, the organizers received entries from 176 designers from three countries. In 2005, the jury evaluated works by 314 designers from ten countries. In 2007, in the 12th year of the competition, the organizers received entry applications from 425 designers from 18 countries.
is a formidable achievement, which unambiguously attests to the rapid growth in interest in this most prestigious international competition for young designers. There has been a similar increase in the quality of presentation and the quality of the entries themselves. There has also been a marked increase in number of university student entrants. In recent years, their number increased from 150 to 216.
Changes are also apparent in the structure of awarded designers. In the first years, designers from the Slovak Republic reigned supreme. Then came a period when the highest awards were won by designers from Poland. Nowadays, designers from the Czech and the Slovak Republics regularly appear among the winners. Their dominant position has so far been attacked very timidly by the "rest of the world". Asian designers have on several occasions pushed their way among the world's designer elite. In the past two years, young Canadian designers have made systematic efforts to do likewise. It would very desirable to see, in the next years, the rest of the world becoming a substantially stronger opponent of, for the time being, the supremely reigning centre of Europe.

………………………………………………………………………..



Competition categories: 1. secondary school students, 2. college and university students, 3. young designers under 30


Entrants and entries in individual competition categories:
college and university students – 216 entrants (213 entries)
secondary school students – 174 entrants (182 entries)
young designers under 30 – 35 entrants (32 entries)

Participating countries: Australia, Canada, Czech Republic, France, Germany, Great Britain, Iran, Italy, Lithuania, Poland, Serbia, Slovakia, Spain, Sweden, Taiwan, Turkey, USA, Russia


Entrants and entries according to countries: Australia – 6 entrants (6 entries), Canada – 54 entrants (54 entries), Czech Republic -146 entrants (145 entries), France – 2 entrants (2 entries), Germany – 1 entrant (1 entry), Great Britain – 1 entrant (1 entry), Iran – 4 entrants (2 entries), Italy - 3 entrants (2 entries), Lithuania – 1 entrant (4 entries), Poland – 23 entrants (23 entries), Serbia – 4 entrants (5 entries), Slovakia –161 entrants (170 entries), Spain – 2 entrants (1 entry), Sweden – 1 entrant (1 entry), Taiwan – 3 entrants (2 entries), Turkey – 2 entrants (2 entries), USA – 10 entrants (5 entries), Russia - 1 entrant (1 entry)


Total number of entries: 427
Total number of entrants: 425

Participating schools, total: 46, colleges and universities 26, secondary schools 20
Participating secondary schools: Czech Republic 13, Poland 1, Slovakia 5, Great Britain 1
Participating colleges and universities: Australia 1, Canada 2, Czech Republic 7, France 2, Germany 1, Italy 1, Lithuania 1, Poland 6, Slovakia 2, Serbia 2, USA 1

Members of the competition Jury
Jan Činčera (CR), Zbyněk Houška (CR), Jiří Kočandrle (CR), Zoltán Salomon (Slovakia), Przemyslaw Gieraltowski (Poland), Vratislav Kytar (CR), secretary of the Jury Milan Kabát (CR)

samedi 12 mai 2007

Une séduction codée Benoît Higel

Une séduction codée
BENOIT HIGEL

Des milliers d’emballages chatoient dans les rayons des supermarchés. Objets familiers, ils encombrent nos placards et nos réfrigérateurs, sans qu’on les regarde avec attention. Leur conception est pourtant très savante : couleur, forme et graphisme en constituent le langage, dont ce dossier tente de décoder la grammaire.


Devenu une activité économique à part entière, l’emballage met en œuvre un grand nombre de métiers aux interactions complexes. Producteurs, hommes de marketing, designers et distributeurs mettent au point de nouveaux procédés de fabrication, inventent des formes conviviales ou originales, associent des images séduisantes aux produits pour déclencher l’acte d’achat. L’histoire de cette pratique, toute récente, s’accélère et se professionnalise dans la dernière moitié du XXe siècle, grâce surtout à la pression constante et conjuguée des modes de distribution et de la mondialisation des marchés.

UNE HISTOIRE DE RÉCIPIENTS
On sait que, dans la plupart des cultures, les hommes ont utilisé des récipients pour stocker et transporter les denrées nécessaires à leur consommation. Les ancêtres de l’emballage que sont les jarres en terre cuite, les flacons de verre, les sacs de jute et autres pots métalliques avaient la particularité d’être non spécifiques à un produit et réutilisés un grand nombre de fois. L’origine du mot est d’ailleurs le paquet de marchandises enveloppé de tissu et lié par des cordes, que l’on appelait une balle. Jusqu’à la première moitié du XXe siècle, le développement du commerce n’a pas changé fondamentalement les pratiques de distribution. Les articles sont le plus souvent présentés en vrac et le commerçant, épicier, quincaillier, apothicaire, boucher... détaille sa marchandise, c’est-à-dire qu’il pèse ou découpe les quantités voulues par le client, avant de les empaqueter. La différenciation des produits se fonde alors sur la réputation du producteur, sur la capacité du vendeur à vanter sa marchandise et sur le savoir-faire du client pour en apprécier la qualité. Acheter le bon fruit, les œufs frais, le tissu solide est affaire d’expérience : la ménagère observe, tâte, soupèse, goûte, hume, marchande, toutes opérations qui prennent un certain temps...
Lors de la Première Guerre mondiale, apparaissent les premiers emballages individuels : la distribution d’aliments sous forme de rations préalablement dosées permet un approvisionnement rapide des soldats grâce à un format pratique. La dépression de 1929 accélère encore ce phénomène : la population n’a plus les moyens d’acheter le nécessaire en grande quantité. En Angleterre sont créés les magasins Woolworth dans lesquels rien ne coûte plus de 10 cents : le dentifrice, fabriqué sous forme de pâte, et non plus en poudre, est contenu dans un tube souple ; la bière se distribue dans les premières canettes. Entre les deux guerres, la société subit de profonds bouleversements avec la participation accrue des femmes au monde du travail salarié, la disparition progressive du personnel domestique, l’augmentation du temps consacré aux loisirs.

Une affaire de mesure
Parmi les facilités qu’apportent les packagings dans la vie des consommateurs, les nombreux systèmes qui permettent le dosage des produits sont particulièrement utiles : graduation le long de la fenêtre transparente d’un sachet, bouchon ou tube doseurs, conditionnements selon différents formats, du paquet familial aux doses individuelles... Les raisons du succès de ces derniers sont nombreuses : ils correspondent à des pratiques de consommation de plus en plus répandues (grignotages, voyages), ils sont hygiéniques (d’où leur utilisation dans le domaine pharmaceutique) et, en apparence, économiques (on gâche moins de produit en utilisant seulement la dose nécessaire, même si les consommateurs avertis constatent une importante différence de prix au kilogramme). Dans les pays en voie de développement, les minidoses permettent d’ailleurs à des populations à faible pouvoir d’achat de disposer d’articles qui leur seraient inaccessibles en grande quantité, comme le shampoing. Les packagings adaptent les quantités aux besoins des consommateurs : un sachet de riz, contenant un poids net de 250 grammes, précisera que cette dose correspond aux besoins de 4 personnes. Ils peuvent aussi créer de nouvelles façons de consommer : individualisation des repas familiaux, usage unique des flacons de médicaments ou de cosmétiques... Quelle que soit la dose proposée, la quantité de produit vendue doit correspondre à la quantité mentionnée sur les emballages et les industriels sont tenus de contrôler leurs procédés de remplissage. La direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF) est chargée, en France, d’opérer la vérification des appareils de métrologie.
Bien qu’une marge d’erreur soit tolérée, les producteurs ont tendance à surdoser légèrement par sécurité.

L’ESSOR DE LA DISTRIBUTION
Après la Seconde Guerre mondiale, le développement économique et l’essor de nouveaux modes de distribution entraînent des transformations plus radicales de l’emballage. Le libre-service introduit de nouveaux comportements : le consommateur doit sélectionner seul les articles qu’il veut acheter parmi une multitude de choix possibles. Les produits sont préemballés par le producteur dans des quantités définies et adaptées au rythme de consommation. Le contenant devient le support de messages adressés au consommateur à travers des stratégies commerciales de plus en plus raffinées : emballages plus gros et colorés, étiquettes simplifiées et plus lisibles, coupons de réductions, offres spéciales... Les emballages jetables tendent à remplacer ceux que l’on récupérait auparavant, comme les verres consignés. Le temps passé à faire les courses ne cesse de se réduire et les distributeurs rationalisent l’aménagement des rayons dans leurs magasins. La fréquence de l’acte d’approvisionnement diminue elle aussi, et les grandes surfaces détrônent peu à peu le commerce traditionnel. La multiplication des intermédiaires rend indispensable le recours à l’emballage pour le transport et la manipulation des marchandises. Depuis les années 1960, le développement de la publicité, de la restauration rapide, l’équipement des ménages en réfrigérateurs puis en congélateurs, le progrès technologique dans la fabrication de matériaux comme la Cellophane, l’aluminium ou le plastique, conduisent à une diversification accrue des formes et des styles d’emballages.
Parallèlement, les procédés de fabrication des emballages évoluent aussi dans le sens d’une automatisation de la chaîne de conditionnement : découpe et pliage des matériaux, moulage ou thermoformage des plastiques, remplissage en atmosphère aseptisée, encapsulage étanche... On sait désormais imprimer pratiquement sur tous les supports, qu’il s’agisse de films plastique, d’aluminium ou de verre. Des technologies telles que l’offset, ou plus récemment la flexographie, permettent d’obtenir la restitution fidèle d’un plus grand nombre de couleurs : la photographie remplace alors avantageusement illustrations et motifs dessinés. Dorénavant, plus personne ne s’étonne d’acheter des produits dont on ne peut voir directement l’aspect. De nouvelles préoccupations apparaissent, comme celle du recyclage des matériaux, rendu nécessaire par les quantités considérables d’emballages jetés quotidiennement.

DES FONCTIONS D’USAGE
Les fonctions essentielles de l’emballage sont d’abord techniques puisqu’il s’agit la plupart du temps de conserver et de protéger un produit depuis la chaîne de conditionnement jusqu’à son rangement par le consommateur. Aujourd’hui, les fabricants jouent sur une palette de matériaux très large (carton, verre, métal, plastique) et les combinent pour tirer le meilleur parti de leurs propriétés physiques et chimiques. L’emballage primaire (voir Repères) d’un produit alimentaire doit être compatible avec le contenu et préserver l’intégrité du produit en résistant aux chocs, à la chaleur ou au froid, en étant inaltérable et neutre du point de vue du goût, en assurant une barrière hermétique au gaz, à l’eau, à la lumière, aux contaminations bactériologiques. Un critère important dans la réussite d’un emballage est aussi d’être d’un usage aisé, et la forme des produits créés s’attache de plus en plus souvent à résoudre des problèmes pratiques : perforation, adhésif, languette pour faciliter l’ouverture d’une boîte ou d’un sachet, anse permettant le transport d’un pack d’articles, système aidant au versement ou au dosage correct d’un produit, aptitude au recyclage... Les industriels sont à la recherche constante d’innovations qui permettront d’améliorer le service rendu au consommateur, mais aussi de limiter le coût de revient du packaging. Dans la fabrication des bouteilles d’eau minérale, par exemple, le remplacement du plastique de type polychlorure de vinyle (PVC) par du polyéthylène téréphtalate (PET) plus solide a permis de diminuer notablement les quantités de matériau utilisé et donc d’économiser sur la matière première.
L’emballage joue enfin un rôle important dans la distribution des produits. Il permet de regrouper des articles et donc de rationaliser transport et manutention. En adaptant le poids et le volume des produits aux besoins du consommateur, il détermine surtout les quantités par unité de vente. Or la tendance à parcelliser et à individualiser les doses est une bonne affaire pour les producteurs : plus la quantité est petite, plus la part de l’emballage par rapport au produit lui-même est grande et plus la marge commerciale est importante.

LE LANGAGE MARKETING
Bien rangés dans les linéaires des magasins en libre-service, les produits sont leurs propres vendeurs silencieux et doivent faire la preuve de leur différence dans un univers saturé par la concurrence, puisque certaines grandes surfaces proposent jusqu’à 30 000 produits différents. Le consommateur, accompagné de son chariot, avance à la vitesse d’un mètre par seconde le long des rayons, revient rarement sur ses pas et perçoit dans son champ visuel plus de soixante marques : on estime qu’il dispose d’environ un tiers de seconde pour repérer un packaging. Par ailleurs, au cours de la journée, il entend, en moyenne, plus de 800 mots, perçoit quelque 20 000 stimuli visuels et voit environ 2 000 images. Or on sait aussi que plus les stimuli se développent, plus la capacité de filtrage de l’individu s’aiguise. On comprend alors que, du point de vue des industriels, l’objectif principal du packaging est de se signaler immédiatement et d’éveiller l’intérêt.
Dans ce contexte, la première fonction commerciale de l’emballage est de rendre clairement identifiables les produits. Pour ce faire, la marque est la principale clé d’entrée : centre du motif sur le packaging, elle renseigne sur ce qu’est le produit et lui confère une personnalité. Nom de la société ou nom de produit, les marques se déclinent presque à l’infini. Au rayon des yaourts, on rencontre Yop, Fructos, Velouté, Panier ou Zap signés par Yoplait ; Danette, Fjord, Bio présentés par Danone ; La laitière, Kremly proposés par Nestlé, pour ne citer que ces exemples... Au point que la gestion des portefeuilles de produits devient un véritable casse-tête pour les grandes firmes. C’est la raison qui a poussé Unilever à supprimer 1 200 de ses marques sur un total d’environ 1 800, dans le but de concentrer sa stratégie de communication. Autre phénomène important depuis les années 1970, les distributeurs commercialisent des produits « libres » ou sans marque, c’est-à-dire vendus sous leur propre enseigne : les produits sont alors nommés prosaïquement purée au lait, jus d’orange de Floride, yaourt brassé... Car développer des marques propres suppose de soutenir un discours spécifique, ce qui multiplie les investissements.
L’emballage doit aussi faire bonne impression par le jeu d’une multitude de signes qui l’associent à un univers d’émotions, conforté le plus souvent par la publicité. Pour un produit alimentaire, on privilégie la richesse du goût, l’évocation de l’enfance ou d’un talent culinaire particulier. S’il s’agit d’un produit cosmétique, tous les détails font sens : la forme du packaging, mais aussi la texture du matériau, l’épaisseur du film Cellophane qui l’entoure, jusqu’au bruit qu’il fait lorsqu’on le déchire.
Cet ensemble complexe d’éléments significatifs permet au consommateur de se représenter et de se remémorer l’emballage.
Enfin, le packaging a l’obligation de présenter une information complète et claire sur le produit, sans induire le consommateur en erreur. Dans ce domaine, les contraintes sont légion : emplacement imposé pour l’inscription d’une date limite de consommation, impossibilité d’imprimer le code barre dans une autre couleur que le noir sur fond blanc pour permettre une lecture correcte par le crayon optique... Dans le cas des produits alimentaires, un grand soin est apporté à la rédaction de la liste des ingrédients, visée par un spécialiste, de même pour les conseils de préparation et de conservation. De nombreuses marques font figurer des numéros verts, des sigles comme celui de la taxe Éco-emballage, des labels censés évoquer une qualité supérieure (agriculture biologique, garantie sans OGM). Ces mentions, souvent placées au dos de l’emballage, font que cette surface gagne en importance et devient un véritable enjeu de communication pour les marques.
Tout l’art du créateur d’emballage est de rendre cohérent et lisible cet ensemble de signes sans trahir cependant l’esprit de la marque qu’il sert. Il organise tous les éléments de sorte que leur mise en œuvre soit originale, en intégrant aussi bien les données techniques que les enjeux marketing. Avec, pour concrétiser ses idées, trois composants de base : la couleur, le graphisme et la forme.

Le registre des sensations
Traditionnellement, l’emballage attire l’attention en jouant sur l’apparence visuelle. De nouvelles préoccupations voient le jour pour contenter d’autres domaines sensoriels, peu stimulés jusqu’à présent. Sous l’impulsion de l’industrie de luxe, l’aspect des surfaces, le bruit mélodieux ou le parfum agréable étendent petit à petit leur territoire jusqu’aux produits alimentaires. Ainsi, le sens du toucher est valorisé par l’utilisation de gaufrages ou de vernis, les impressions imitant les gouttes d’eau, les grains veloutés se généralisent sur toutes sortes de supports grâce aux progrès des technologies. La texture des matériaux permet d’améliorer le confort de la prise en main autant que l’aspect satiné, brillant ou brut de l’emballage, selon qu’il doit évoquer la tendresse, la sophistication ou le naturel. Les producteurs travaillent davantage à la mise au point sonore des produits : « glouglou » des bouteilles et « clic » de fermeture donnent lieu à de savantes études. Le sens de l’ouïe constitue, en effet, un élément particulièrement révélateur de la qualité du produit. L’odorat est plus fréquemment sollicité : la technique des microcapsules de cellulose permet d’enfermer des fragrances à l’intérieur d’un matériau, l’odeur ne se libérant que par froissement. C’est ainsi que l’on parfume déjà la lingerie féminine et bientôt peut-être le linge de maison. Les emballages stimulant le goût relèvent encore de l’expérimentation, sinon de la fiction, et il n’est pas évident de se convertir à la dégustation des emballages après avoir consommé leur contenu.
Mais en attendant que les packagings se mettent à parler, ils éveillent presque tous nos sens afin de mieux nous convaincre du caractère luxueux, original ou ludique des produits.

L’UNIVERS DES COULEURS
Élément fondamental du dispositif packaging, la couleur possède ce grand avantage de ne nécessiter aucun effort de notre part. L’œil humain est capable de percevoir plusieurs milliers de couleurs, même si nos facultés en la matière sont plus ou moins développées selon notre environnement et notre culture. Les Chinois sont particulièrement sensibles aux nuances de rouges foncés, les Esquimaux discriminent plusieurs centaines de blancs et les citadins apprécient d’innombrables tons de gris. On ne peut donc parler de symbolique universelle des couleurs, ce qui ne va pas sans créer des problèmes aux concepteurs qui cherchent à proposer des emballages standardisés dans une économie en voie de mondialisation. Il est permis de craindre que cette circulation des couleurs associées aux produits ne conduise à une certaine uniformisation des goûts. À moins qu’un emploi par trop spécifique ne finisse par limiter l’utilisation d’une couleur. Ainsi l’entreprise Coca-Cola a déposé la formule de son rouge, si bien que cette teinte, connue d’un bout à l’autre de la planète, ne se trouve en l’état dans aucun nuancier. Plus modestement, le jaune moutardé de la FNAC est une couleur si difficile à réutiliser qu’elle identifie complètement la marque.
Ces préalables étant posés, il est possible de brosser à grands traits les significations de la couleur dans notre culture occidentale. Il apparaît que le bleu est la couleur préférée de plus de la moitié de la population européenne, loin devant le vert avec seulement 20 % des suffrages et le rouge cité dans moins de 10 % des cas. Le bleu est une couleur apaisante, évocatrice de rêve ou d’infini, qui représente l’amour et la fidélité, le froid et l’eau. Il semble que ce soit justement parce qu’elle fait l’unanimité qu’elle n’est pas trop marquée symboliquement. Consensuel et pacifique, le bleu a été choisi pour le drapeau européen. Exceptionnellement utilisé dans les produits alimentaires, il renforce le sérieux de la pharmacie (c’est la couleur des calmants) ou la fraîcheur de la menthe.
Le vert symbolise l’espoir, le renouveau de la nature, mais aussi le destin, le hasard du jeu, la chance. C’est aussi la couleur de l’étrange, celle des « petits hommes verts ». Malgré cette ambivalence, les packagings retiennent surtout les valeurs positives du vert et l’utilisent lorsqu’il s’agit d’évoquer le naturel, la jeunesse, la bonne santé et la liberté.
Le rouge, couleur par excellence en raison de son impact sur la rétine, n’a pas cette dualité. Il est le symbole du feu et de la vie, du sang et de la passion, de la puissance et de la fête, mais signale aussi le danger et l’interdiction. Cette richesse de sens en fait une teinte particulièrement intéressante pour le packaging et ses utilisations sont innombrables, particulièrement dans l’univers masculin.
Le jaune, couleur de la lumière et de la chaleur, de la prospérité par association avec l’or et le blé, symbolise aussi l’intelligence et parfois la différence jusqu’à la bizarrerie. La teinte orangée véhicule des valeurs de santé et de dynamisme et peut s’utiliser comme substitut de l’or. À la frontière du jaune et du rouge, et par là même synonyme de polychromie, elle peut servir à représenter la séquence des couleurs de l’arc-en-ciel. Difficile à restituer techniquement, elle reste une couleur peu aimée pour les emballages. Lorsqu’elle tire vers l’ocre et le Sienne, elle est toutefois susceptible de dégager une impression de douceur.
Associé à la mort et au péché, à la mélancolie et à l’austérité, le noir est peu utilisé en packaging sinon pour figurer une certaine sobriété de l’avant-garde et du luxe. À cette couleur dure et marquée, les designers préfèrent souvent les valeurs de gris qui contrastent moins fortement. Le blanc est beaucoup plus fréquemment utilisé, notamment dans les cosmétiques et la pharmacie, pour ses valeurs de pureté et d’hygiène.

La diversité des cultures
Sur leurs emballages, les entreprises multinationales recherchent des messages reconnaissables à travers les frontières tout en respectant les particularités locales. Chaque élément du vocabulaire packaging – signe, couleur ou forme – étant interprété différemment selon la culture, une présentation par trop standardisée ne pourrait que nuire à la stratégie commerciale des industriels. Prenons l’exemple du café : cette boisson quasi universelle s’apprécie selon des modes de consommation variables, qui constituent parfois de véritables rituels : café expresso ou long, noir ou au lait, quand il n’est pas capuccino, brûlant ou glacé...
L’emballage du café présentera des éléments communs – graphisme de la marque, couleur de la tasse ou du décor – et se différenciera par des variations subtiles qui s’appuient sur les goûts propres à chaque pays.
La soupe en sachet fournit un autre exemple d’adaptation des codes graphiques aux spécificités culturelles. Présentée à l’intérieur d’une louche en France parce qu’il en faut assez, la soupe est contenue dans une cuillère, signe de raffinement, sur les emballages allemands. Au Japon, plus question de louche, de cuillère, ni même d’assiette pleine à ras bord. Il suffit d’un petit bol et d’un code de couleur évoquant la fraîcheur : la soupe est ici une simple entrée, digeste et légère. Seules quelques marques bénéficient d’une telle notoriété qu’elles peuvent imposer leur code aux consommateurs du monde entier. Ainsi, bien qu’elle adapte l’architecture de ses magasins ou la composition de ses sandwichs, la marque McDonald’s n’a nul besoin de transformer le symbole qui la représente. De même, Coca-Cola traduit son nom dans tous les alphabets de la planète, mais conserve le graphisme et la couleur qui font que ses bouteilles et ses canettes sont immédiatement identifiables.

LE FOND DE LA FORME
La forme d’un emballage est reconnue immédiatement après la couleur, ce qui en fait un élément essentiel de la différenciation des produits. Moins puissante sur le plan symbolique, elle fait appel à des référents archaïques et concrets qui ont un impact sur nos sens. Prenons l’exemple de la bouteille de Perrier : sa forme en goutte d’eau lui confère une identité tellement forte que l’on pense toujours à Perrier même si la bouteille est colorée en bleu, comme l’a fait une marque suédoise. Il existe d’ailleurs une codification des formes qui facilite le travail de reconnaissance des consommateurs autant qu’elle contraint l’imagination des designers : pour vendre un camembert, rien ne vaut mieux que de le présenter dans une boîte ronde ! Cependant, les producteurs mettent de plus en plus l’accent sur l’habillage pour personnaliser les multiples produits abrités par la même marque ombrelle (voir Repères) et pour afficher des différences fortes par rapport à la concurrence. Ainsi, par exemple, Canard WC a conquis une position de leader en quelques années sur un marché traditionnellement atomisé, avec la création d’une forme originale : la tête de canard qui nettoie dans les recoins. Outre un bénéfice pour le consommateur, cette particularité apportait une charge affective peu fréquente jusqu’alors dans le rayon des produits d’entretien.
La forme est capable de séduire ou d’amuser, invite au geste et au toucher. Mais autant que pour accroître la personnalité du produit, la forme intervient surtout dans son utilisation : allégement des emballages, boîtiers distributeurs, bouchons doseurs, barquettes sécables, flacons galbés pour faciliter la préhension, bouteilles compactables offrant moins de volume dans la poubelle... La recherche de formes spécifiques rend les fabricants d’emballages inventifs, en particulier dans le domaine des matériaux. La tendance est à la combinaison et à la réduction du poids : association de carton, d’aluminium et de vernis avec le procédé Tetra Pak ; recours au plastique PET ou au Barex pour solidifier des bouteilles plus légères ; amélioration de la barrière à l’oxygène et toucher très doux avec l’Orgalloy, alliage de polyamides et de polyéthylène, utilisé en cosmétique... La forme influence aussi l’économie du produit, qu’il s’agisse de coût de production, de stockage ou de distribution. La modification d’une forme débouche souvent en effet sur celle de l’outil industriel et des moules de fabrication, ce qui implique des investissements très lourds. Par ailleurs, la recherche d’esthétisme doit rester compatible avec les cadences de remplissage ou de palettisation, tout en veillant à réduire les coûts de matières premières.
Le graphisme vient souligner le dispositif de la forme et, dans ce domaine aussi, les évolutions techniques importent : nouvelles polices de caractères, recherche de procédés pour restituer les signes sur tous les supports.

UN SECTEUR DE POINTE
Les trésors d’inventivité qui sont souvent nécessaires pour industrialiser les packagings en font un secteur d’activité très dynamique en recherche et développement. Il faut compter aussi sur la pression de nouvelles réglementations européennes, comme, par exemple, le projet de taxe Éco-emballage calculée au prorata du poids de l’emballage qui, s’il venait à s’aligner sur la norme allemande, conduirait à quadrupler le montant de la taxe. Emballer un produit est donc devenu en un peu moins d’un demi-siècle une activité économique importante. C’est désormais le huitième secteur économique français, avec 1 400 entreprises qui génèrent quelque 120 milliards de francs de chiffre d’affaires. L’ensemble du secteur est tiré vers la performance et les procédés de fabrication s’orientent vers la haute technologie : découpe laser, matériaux multicouches, impression hexachromique, c’est-à-dire travaillant à partir de six couleurs de base, pour restituer de nombreuses nuances. Et, quand on sait que l’emballage est susceptible à lui seul de faire progresser les ventes de plus de 20 %, on comprend que les producteurs n’hésitent pas à commander régulièrement le lifting (voir Repères) de leurs produits. La durée de vie moyenne d’un packaging était de huit à dix ans au début des années 1980 ; elle n’est plus que de trois à cinq ans actuellement et ceux qui sont seulement âgés de cinq ans font déjà figure d’ancêtres !
Selon une étude récente, 87 % des consommateurs attendent d’un emballage qu’il soit facile à transporter, 55 % qu’il soit facile à saisir et d’ouverture aisée, 50 % qu’il soit écologique, 38 % qu’il apporte une solution aux problèmes de stockage. Les grandes tendances des prochaines années seront certainement liées à une quête d’informations fiables : le consommateur ne se laisse plus leurrer par un simple changement dans l’aspect des produits, il est de plus en plus attentif au contenu des étiquettes et demande des assurances quant à la qualité et à l’origine des ingrédients. De même, il teste les améliorations pratiques et abandonne rapidement celles qui ne lui donnent pas satisfaction. L’acheteur recherche aussi le plaisir de consommer : s’il est sensible à l’originalité et à la créativité, il ne dédaigne pas les formes conviviales et pratiques, ni la douceur des surfaces et des couleurs. Les formes tendent vers l’épure, les signes se simplifient. La marque est plus présente, augmentant la rapidité de perception. Entre sophistication des messages et rationalisation des productions, l’emballage devrait donc continuer son œuvre de séduction et d’invention auprès des consommateurs pressés que nous sommes. Le respect de l’environnement est aussi un argument promis à un bel avenir : l’obligation de recycler les trois quarts des emballages en 2002 devrait conduire les industriels à trouver des solutions pour réduire encore les quantités de matières premières utilisées. Gageons que la recherche de compromis entre toutes ces composantes diversifiera la palette déjà richement colorée des créateurs.

La mise en boîte des héros
Les nombreuses figures imaginaires qui attirent l’attention sur certains emballages prennent à l’évidence pour cible les enfants. Depuis la mascotte propre à certains industriels comme le Capitaine Choc de Vandame ou le Prince de Lu jusqu’aux personnages empruntés au dessin animé et à la bande dessinée comme Batman, Mickey ou Fantasio, ces héros ont une fonction bien précise. Ils rompent avec une structure graphique traditionnelle et animent le packaging ; ils permettent aussi l’appropriation d’une notoriété acquise hors de l’univers commercial au bénéfice de la marque qui les accueille. Jouant sur leur capital de sympathie auprès des jeunes, ces « totems » ont évidemment pour but de doper les ventes. Or il ne suffit pas d’apposer une image de Mickey sur un produit pour assurer son succès.
Les personnages deviennent de bons porte-parole lorsque leur identité graphique et leur histoire font sens avec celles du produit lui-même. D’autre part, l’utilisation de figures très bien connues à l’échelle d’un pays peut constituer un frein à la diffusion multinationale des produits. Il y a quelques années, les responsables packaging de Nesquik ont préféré ainsi remplacer sa mascotte originale par un lapin supposé plaire davantage au public européen de la marque. En même temps, le développement planétaire de l’industrie du dessin animé restreint le nombre des héros reconnus par les enfants.
Un autre risque guette le producteur : le personnage peut devenir la seule star de l’emballage et cannibaliser la marque dont il est censé faire la promotion. C’est pour cette raison que les figures ayant acquis une grande notoriété servent seulement lors des promotions d’une durée relativement courte.


© SCÉRÉN - CNDP
Créé en juin 2000 - Tous droits réservés. Limitation à l'usage non commercial, privé ou scolaire.